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Mélanine et racisme scientifique

(suite de l’article Cuir, Moustache et Mélanine)

 

Chercher à justifier des opinions personnelles avec une argumentation scientifique peu rigoureuse, c’est mal et contraire aux principes fondamentaux de la science. Mais c’est encore pire si il s’agit d’arguments racistes ! Par le passé, de nombreuses pseudos-sciences ont voulus prouver l’existence de différences d’intelligence entre les différentes populations humaines, et le 19ème siècle est plein d’exemples hallucinants de tentatives de ce types : les partisans de la craniométrie, de la physiognomie et de la phrénologie ont tenté de hiérarchiser les « races » humaines en fonction de la morphologies de leurs crânes, ou de détecter les criminels et les prostituées dès le berceau en mesurant la taille de leurs arcades sourcilières. [1] Bon, mais tout ça c’est du passé, le racisme en science c’est terminé…

Pas du tout ! En juin 2012, J. Philippe Rushton et Donald I. Templer ont commis un odieux article intitulé « Do pigmentation and the melanocortin system modulate aggression and sexuality in humans as they do in other animals?« . C’est le moment de s’amuser un peu et de sortir l’artillerie lourde. Continue reading

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Game of Thrones et la pédagogie scientifique

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Les œuvres de fiction peuvent-elles être d’une quelconque utilité pratique pour la science ?

Réponse : Oui ! Première bonne raison : la fiction peut aider la science elle-même.

1. La fiction comme bac à sable d’idées folles

Tous les lecteurs d’Isaac Asimov le savent et le récitent comme une comptine : la fiction précède bien souvent la science. Pourquoi Asimov ? Parce qu’il avait formulé les Trois Lois de la Robotique dans l’une de ses nouvelles de fiction avant que l’intelligence artificielle ne soit vraiment une discipline scientifique. (Wikipédia me souffle dans l’oreillette qu’un auteur tchèque lui aurait damé le pion pour l’apparition du premier robot  dans une œuvre littéraire.). L’exemple d’Asimov n’est pas anecdotique : on trouve aujourd’hui tout un tas d’exemples d’objets du quotidien qui ont été pensés bien avant par des auteurs, à une époque où ces objets n’étaient pas réalisables.

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Le syndrome de Christophe Colomb

ou aussi, « Notre incapacité chronique à reconnaître la part des autres espèces dans nos propres succès. »

Christophe Colomb, victorieux, touche le sol des Amériques après un voyage héroïque. Il va apporter la civilisation aux tribus incultes restées à l’âge de pierre. Cette gravure dont l’auteur est inconnu est représentative de la vision traditionnelle de la colonisation de l’Amérique : l’image de l’Européen instruit qui apporte la civilisation aux tribus sauvages est un classique de nos livres d’histoires. Continue reading